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Lorsqu'elle apparaît derrière les immenses parois vitrées d'Odysseo, le temps semble suspendu. Sa longue chevelure flotte au gré des courants, son costume scintillant épouse chacun de ses mouvements et sa silhouette semble appartenir à un autre monde.
Pourtant, derrière cette image féerique se cache une réalité beaucoup plus exigeante. Être une sirène professionnelle ne relève pas uniquement du rêve : c'est une discipline qui demande une préparation physique rigoureuse, une parfaite maîtrise de l'apnée et une grande connaissance du milieu aquatique.
« Être une sirène, ce n'est pas simplement enfiler une queue de poisson, explique-t-elle avec un sourire. C'est un véritable travail d'interprétation. Je suis ici à la fois comme actrice et artiste aquatique. Chaque représentation raconte une histoire : il faut transmettre des émotions, créer une connexion avec le public et donner vie à un personnage. »
Lorsqu'on lui demande comment elle est devenue l'une des sirènes les plus populaires de l'océan Indien, Olena Yatsun répond avec une certaine modestie. « Je ne sais pas vraiment comment tout cela est arrivé. Je suis venue une première fois à Maurice en décembre dernier, non pas pour des vacances, mais pour travailler. Une autre sirène m'avait invitée à participer à un spectacle et c'est ainsi que j'ai découvert Odysseo. » Cette première expérience a rapidement donné naissance à une nouvelle aventure. « Cette année, ils m'ont invitée à revenir. C'est donc ma deuxième saison ici. » Depuis, elle est devenue l'un des visages emblématiques des spectacles aquatiques d'Odysseo.
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Sous les applaudissements du public, peu de visiteurs imaginent les contraintes physiques auxquelles sont confrontées les artistes aquatiques. « Au début, c'est extrêmement difficile, reconnaît-elle. Mais cela fait maintenant cinq ans que je pratique. J'ai travaillé dans plusieurs aquariums à travers le monde et mon corps s'est progressivement habitué. »
Son expérience internationale l'a conduite en Chine, en Corée du Sud puis en Inde, où elle a perfectionné son art avant de rejoindre Maurice. Mais l'habitude n'efface jamais totalement les exigences du métier. « Certains jours sont plus difficiles que d'autres, notamment lorsque l'on est fatigué ou que l'on ne se sent pas parfaitement bien. »
Chaque représentation demande une concentration absolue. Dans l'eau, le moindre mouvement est contrôlé et chaque geste mobilise l'ensemble du corps. « La santé est essentielle. Je fais très attention à mon alimentation. Avant chaque plongée, je ne mange pratiquement rien, car le corps dépense énormément d'énergie. Les muscles travaillent constamment. »
À Odysseo, Olena assure deux spectacles quotidiens dans un bassin pouvant atteindre près de cinq mètres de profondeur.

L'un des moments les plus impressionnants de ses performances reste sa proximité avec les requins. Alors, ressent-elle de la peur ? La réponse est immédiate, accompagnée d'un éclat de rire. « Honnêtement, je pense qu'ils ont davantage peur de moi que l'inverse. » Avant d'ajouter : « Les soigneurs veillent constamment sur eux comme sur moi. Je me sens totalement en sécurité. » Cette sérénité repose sur l'expérience, l'observation et une parfaite compréhension du comportement des animaux.
Avant son arrivée, Olena connaissait Maurice principalement à travers les réseaux sociaux. « Je voyais l'île sur Instagram et je la trouvais magnifique. Lorsque j'ai reçu l'invitation pour venir travailler ici, j'ai accepté immédiatement. » Mais au-delà des paysages, c'est surtout l'accueil des Mauriciens qui l'a touchée.
« J'ai commencé à publier des vidéos sur TikTok et j'ai reçu énormément de messages bienveillants. Les Mauriciens sont incroyablement gentils. Bien sûr, la nature est magnifique, mais je crois que ce sont surtout les habitants qui rendent cette île si spéciale. »

Le succès des vidéos de sirènes sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses vocations. Olena tient toutefois à rappeler que cette profession exige une véritable formation. « Essayer une queue de sirène pour le plaisir est une chose. En faire une profession en est une autre. »
Pour elle, l'apprentissage auprès de professionnels qualifiés est indispensable. « Il faut obtenir une licence professionnelle et apprendre auprès de personnes compétentes. La sécurité doit toujours être la priorité. Ce métier demande une formation sérieuse, beaucoup de pratique et une grande responsabilité. »
Derrière chaque mouvement gracieux se cachent donc des années d'entraînement et une discipline quotidienne. À la fin de notre entretien, une dernière question s'impose naturellement : après toutes ces années passées sous l'eau, aime-t-elle toujours autant son métier ?.jpg)
La réponse fuse, sans la moindre hésitation. « Absolument. » Un mot qui résume la passion d'une artiste qui transforme chaque plongée en un moment suspendu, quelque part entre rêve et réalité.