TvLocale SAMBAVA - Les Boudubouts nous font découvrir les Lémuriens du parc national de Marojejy


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Article N°29444

TvLocale SAMBAVA - Les Boudubouts nous font découvrir les Lémuriens du parc national de Marojejy

Nous quittons Sambava très tôt, alors que la ville s’éveille à peine. Direction le parc national de Marojejy.
Mais avant la forêt, il y a la vanille.
 

Les rizières accompagnent encore notre route, puis, kilomètre après kilomètre, la vanille prend de plus en plus de place. Nous entrons dans la principale région productrice de Madagascar. Elle est partout : dans les plantations, autour des villages, devant les maisons où les gousses sont préparées et mises à sécher.

Et surtout, elle se sent.

Cette odeur douce et chaude finit par nous envelopper. Nous roulons littéralement au milieu de la vanille.
 



Difficile alors de ne pas penser à tout ce qui se cache derrière ce parfum que nous connaissons depuis l’enfance. Des mois de travail et une incroyable patience pour obtenir ces quelques gousses brunes. Ici, tout commence à la main, avec ces fleurs que l’on féconde une à une.

Fleur après fleur.
 


Puis nous laissons derrière nous les plantations pour rejoindre le Marojejy.

Un nom presque inconnu des circuits touristiques classiques. Il faut dire que nous avons choisi l’un des parcs les plus reculés et les moins accessibles de Madagascar. Une immense montagne couverte de forêt primaire, encore profondément sauvage, où vivent douze espèces de lémuriens.

À l’entrée du parc, Jean-Louis nous attend. Il sera notre guide pendant ces deux jours. Ici, le guide est obligatoire et nous allons rapidement comprendre pourquoi.


 


Mais il y en a un qui nous a conduits jusqu’ici.

Le propithèque soyeux.

Presque entièrement blanc, avec son long pelage soyeux, il ne vit que dans cette région du nord-est de Madagascar. C’est l’un des lémuriens les plus rares au monde.

Pour les Boudubouts, une espèce unique mérite toujours quelques efforts.

Trois pisteurs nous accompagnent également. Ce sont eux qui, demain, partiront à la recherche du lémurien blanc.
Nous chargeons les sacs.

Un peu de nourriture, quelques vêtements, le strict nécessaire pour deux jours en autonomie et cette excitation que nous connaissons bien : celle de partir à pied vers un endroit où nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend.

Très vite, la forêt nous engloutit.
Une vraie forêt primaire.
Dense. Humide. Exubérante.

Les racines traversent le chemin, les pierres couvertes de mousse sont glissantes, l’humidité nous colle à la peau. Ça monte, encore et encore. Nous transpirons, nous soufflons et chaque pas demande de regarder où poser le suivant.
 
 

Et nous sommes heureux.

Parce que nous retrouvons ce que nous aimons tant dans le voyage : l’effort, l’inconnu et cette sensation d’être minuscules au milieu d’une nature qui n’a absolument pas besoin de nous.

Soudain, ça bouge dans les branches.
Nous levons la tête.
Des lémuriens des bambous.

 Ils sont là, juste au-dessus de nous. Ils sautent d’une branche à l’autre, disparaissent derrière les feuilles, réapparaissent quelques mètres plus loin. Nous nous immobilisons.

Nous étions venus jusqu’au Marojejy pour chercher un lémurien.

La forêt ne nous laisse même pas le temps d’arriver au campement avant de nous en offrir les premiers.
Le blanc, lui, se fait encore attendre.
 


En fin de journée, nous atteignons enfin notre campement et posons les sacs avec bonheur.
Le dîner est somptueux.

Sardines à l’huile, saucisson et Vache qui rit.

À la maison, nous aurions probablement ouvert le réfrigérateur en disant qu’il n’y avait rien à manger. Ici, après des heures de marche dans la forêt du Marojejy, nous avons l’impression de festoyer.
 


La nuit tombe.

Quelque part dans cette montagne dort peut-être déjà celui que nous sommes venus chercher. Demain, ce sera à nous de le trouver.
 
Au petit matin, les choses sérieuses commencent.

Quelque part au-dessus de nous, dans cette immensité verte, se cache celui pour lequel nous sommes venus jusqu’au Marojejy.

Le lémurien soyeux.
Le fameux lémurien blanc.
 



Hier, les lémuriens des bambous nous avaient fait le cadeau de venir presque à notre rencontre. Avec lui, ce sera une autre histoire.

Les pisteurs partent devant.

Nous avançons derrière eux, les yeux levés vers la canopée. Eux semblent voir et entendre des choses qui nous échappent complètement. Un cri lointain, une branche qui bouge, un bruissement dans les feuilles suffit à les arrêter.

Ils écoutent.
Ils observent.
Puis l’un d’eux nous fait signe. Par là. Alors nous suivons.

Le problème, c’est que « par là » signifie rarement emprunter un joli sentier. Ça grimpe. Dur.
La terre détrempée se dérobe sous nos chaussures, la boue nous fait glisser, les racines deviennent des marches auxquelles nous nous accrochons comme nous pouvons. Nous gagnons quelques mètres, reprenons notre souffle, repartons. Soudain, les pisteurs s’arrêtent. Finalement, ce n’est plus par là. C’est de l’autre côté.

Nous redescendons ce que nous venons péniblement de monter, traversons un passage, remontons ailleurs.
 


Un nouveau bruit. Une nouvelle direction. Et nous repartons.

Les heures passent ainsi, à poursuivre quelque chose que nous ne voyons pas.
Petit à petit, le doute s’installe.
Et si, cette fois, la forêt décidait de garder son secret ?

Nous savons bien qu’avec les animaux sauvages, rien n’est jamais garanti. C’est même tout l’intérêt de les chercher ici plutôt que derrière une clôture. Mais après être venus jusqu’au Marojejy, après la marche d’hier, après toutes ces montées dans la boue, nous avons terriblement envie d’y croire.

Puis, soudain, tout s’arrête.
Un des pisteurs lève la main.
Plus personne ne bouge.
Il pointe discrètement le sommet d’un arbre.
Nous cherchons.
Au début, nous ne voyons rien.
Des feuilles. Des branches. Encore des feuilles.
Et puis…
Là-haut.
Une tache blanche.
Enfin.
Le lémurien soyeux.

Il est beaucoup plus craintif que les lémuriens rencontrés la veille. Pas question pour lui de descendre nous observer de plus près. Il reste tout en haut des arbres, presque inaccessible, passant d’une branche à l’autre dans les derniers étages de la forêt.

Nous restons silencieux, le nez en l’air.



Nous aurions évidemment aimé qu’il descende un peu. Qu’il nous accorde quelques mètres de moins entre lui et nous.
Mais c’est justement parce qu’il reste sauvage, libre et difficile à approcher que cette rencontre a autant de valeur.
Quelques minutes seulement.
 




Quelques minutes qui effacent la boue, les glissades, les kilomètres, les montées et la fatigue. Nous étions venus jusqu’au Marojejy pour lui. Nous l’avons trouvé et Il faut maintenant redescendre.

Peu à peu, la montagne s’éloigne derrière nous. La forêt s’ouvre, les rizières réapparaissent et, bientôt, les plantations de vanille reprennent possession du paysage.

Le vert des rizières, l’odeur de la vanille.

Nous retrouvons la plaine et derrière nous, quelque part dans l’immensité du Marojejy, une petite silhouette blanche a déjà disparu dans la canopée.
 
 
 







Les Boudubouts

Lien :https://didier-cujives.smartrezo.com/journal.html

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