Cocktail Séga : 28 ans après l’Olympia, le séga de Maurice et de La Réunion retrouve Paris


Cocktail Séga : 28 ans après l’Olympia, le séga de Maurice et de La Réunion retrouve Paris

Article
Accueil Les Iles de l'Océan Indien
 
| Les Iles de l'Océan Indien | Culture - Musique - Océan Indien | Cocktail Sega 2026  Vu 17393 fois
Article N°29455

Cocktail Séga : 28 ans après l’Olympia, le séga de Maurice et de La Réunion retrouve Paris

CULTURE - MUSIQUE :  COCKTAIL SEGA - OCEAN INDIEN - LA REUNION 
 
𝐓𝗢𝗨𝗥𝗜𝗦𝗠𝗘 | 𝗔𝗖𝗧𝗨𝗔𝗟𝗜𝗧𝗘́𝗦 | CULTURE | RENCONTRES | EVENEMENTS
 
Cocktail Séga : 28 ans après l’Olympia, le séga de Maurice et de La Réunion retrouve Paris
Par, Joey Nicles Modeste - Jeudi 10 septembre 2026 


Il aura fallu vingt-huit ans pour que l’événement musical « Cocktail Séga » retrouve Paris. Samedi 5 septembre 2026, au Café de la Danse, au cœur du quartier de la Bastille, les sonorités de Maurice et de La Réunion ont de nouveau résonné dans la capitale, devant un public partagé entre souvenirs et découverte. Dans la salle, les nostalgiques de l’aventure de l’Olympia, en 1998, y côtoyaient une génération plus jeune, venue à son tour découvrir les rythmes du séga.

En juillet 1998, Jean-Louis Deny Rosely, du label Piros, avait réuni vingt-cinq artistes venus de Maurice, de La Réunion et des autres îles de l’océan Indien. Deux soirées à guichets fermés, devant un public conquis, qui avaient marqué les esprits et fait résonner le séga sur une scène parisienne mythique.

Vingt-huit ans plus tard, le producteur de Piros a choisi de reprendre la route avec son fils Fabien. Père et fils portent désormais Cocktail Séga à travers l’Hexagone, avec l’ambition de faire vivre cette musique au-delà des souvenirs de 1998 et de la transmettre à un nouveau public.

Sur la scène du Café de la Danse, deux générations d’artistes se sont retrouvées au fil de la soirée. Le plateau réunissait Tessa et S’Telle, deux voix féminines venues de La Réunion, Olivier Brique, fils du chanteur mauricien Carino, figure populaire du séga mauricien aujourd’hui disparu, ainsi que Jean-Michel Moutien, voix du groupe Progression présent lui aussi.


Tête d’affiche de cette nouvelle tournée, Frédéric Joron a retrouvé ses amis musiciens d’Ousanousava pour reprendre plusieurs titres de son répertoire. Jean-Louis Deny Rosely a, lui aussi, repris le micro, renouant avec une aventure musicale à laquelle il avait largement contribué.


Tessa ouvre la soirée


Toute de rouge vêtue, Tessa a été la première à monter sur scène. Avec « La Jalousie », la chanteuse réunionnaise a rapidement installé l’ambiance. Entre deux morceaux, elle a aussi pris le temps d’échanger avec le public.
En 1998, lorsque la première édition de Cocktail Séga investissait l’Olympia, Tessa n’avait que huit ans. « C’est assez incroyable de me retrouver aujourd’hui sur la même scène que ceux qui ont fait découvrir ces musiques au public français. Vingt-huit ans plus tard, je fais à mon tour partie des artistes qui les font vivre sur les scènes françaises », confie-t-elle avec le sourire.
Tout au long de la soirée, les danseuses d’Origin Kayamb, Racin' Kreol ainsi que celles du groupe Nikréol, ont accompagné les artistes. Leurs chorégraphies ont suivi les morceaux, du séga au maloya, donnant du mouvement aux différents passages du spectacle.


S’Telle, une première scène parisienne sous les yeux de son père

Après Tessa, S’Telle a fait son entrée sur la scène du Café de la Danse. Pour la jeune chanteuse réunionnaise, ce premier rendez-vous parisien avait une résonance particulière : son père avait fait le déplacement depuis la Bretagne pour assister à ses débuts dans la capitale. Elle a choisi d’interpréter « Mon l’amour sincère », une production de Piros. Dans la salle, son père ne perdait rien de cette prestation, témoin privilégié d’un moment important dans le parcours de sa fille.

Entourée d’artistes qui ont marqué la musique réunionnaise, S’Telle entend désormais poursuivre son chemin sur les scènes françaises. « C’est un plaisir de pouvoir porter le séga et, au-delà de ça, représenter La Réunion et faire perdurer les valeurs de notre identité réunionnaise », explique-t-elle. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retiendra de cette soirée, sa réponse vient naturellement : « La première chose que je garderai, c’est vraiment la présence de mon père dans le public. »


Olivier Brique rend hommage à son père
 

Quelques minutes plus tard, Olivier Brique a fait son entrée sur scène. Installé à La Réunion depuis une quinzaine d’années, le chanteur et producteur mauricien s’inscrit dans une histoire familiale où la musique se transmet de génération en génération.
Lors de sa prestation, Olivier Brique a interprété ses propres compositions avant de rendre hommage à son père en revisitant plusieurs de ses titres les plus connus. Des chansons immédiatement reconnues par le public, qui n’a pas tardé à chanter avec lui. Chez les Brique, la musique se transmet de père en fils. « L’héritage, c’est l’héritage familial. Moi, c’est de père en fils », explique Olivier.
Aujourd’hui, il poursuit sa carrière entouré de son frère David, ses musiciens et continue de tracer sa route. « On donne de l’amour, on gagne de l’amour. On porte la joie », résume-t-il.


Jean-Michel Moutien fait revivre le maloggae



Avec Jean-Michel Moutien, le public a changé d’univers. La voix de Progression a fait résonner les sonorités du maloggae, ce mélange de maloya et de reggae qui avait marqué les bals et toute une génération dans les années 1990.
Le chanteur a été rejoint sur scène par son fils. Un moment de transmission qui faisait écho à celui évoqué quelques instants plus tôt par Olivier Brique.


Jean-Louis Deny Rosely, reprend le micro 

Pour Jean-Louis Deny Rosely, la soirée avait elle aussi une résonance particulière. Accompagné de Frédéric Joron et de ses musiciens, il a repris « Cecilia », le titre qui avait marqué les débuts de Cocktail Séga en 1998. Dans la salle, le refrain a rapidement été repris par le public. « J’étais vraiment content d’entendre le public à Paris fredonner Cecilia en même temps que moi », raconte-t-il.
Vingt-huit ans après l’Olympia, le patron de Piros mesure le chemin parcouru. Cette première aventure, qui avait réuni sur la scène parisienne des artistes venus de l’océan Indien, reste un souvenir fort. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La prochaine édition de Cocktail Séga se prépare déjà pour 2027, avec l’envie de laisser davantage de place à ceux qui prennent aujourd’hui le relais.


« Je veux transmettre le respect de nos racines et le goût du travail bien fait. Aux jeunes, je dis de garder l’authenticité de notre culture tout en regardant vers l’avenir », explique-t-il.
Après plusieurs concerts privés ces dernières années, il apprécie aussi de retrouver le contact direct avec le public. « Rien ne remplace la vraie scène. J’ai toujours aimé le contact avec les gens », souligne-t-il.

Pour lui, cette nouvelle génération a désormais les moyens de faire évoluer ces musiques sans en perdre l’esprit. « Cette nouvelle génération a du talent et de l’énergie. Elle sait adapter notre tradition aux sons d’aujourd’hui », estime-t-il.


Frédéric Joron pour finir beauté 



Quelques instants plus tard, Frédéric Joron, tête d’affiche de cette nouvelle édition, a pris le relais pour les derniers titres. Accompagné de ses amis musiciens, il a enchaîné « Loder mon pei », « Zamal », « Na de milyon d’années », « Même si ou lé loin » et « À cause Fifine ».
Dans la salle, les paroles étaient connues. Les spectateurs ont chanté avec lui, retrouvant des chansons qui ont accompagné plusieurs générations.


Inès repart avec un voyage à La Réunion


La soirée réservait encore une dernière surprise. Venue de Charenton-le-Pont avec sa maman, Inès a vu son billet, portant le numéro 207 01, tiré au sort lors du jeu-concours organisé pendant la soirée.
À la clé : un billet d’avion aller-retour Paris–La Réunion offert par Piros, hors vacances scolaires. La réservation sera assurée par son partenaire Billets Discount, présent à Paris et disposant également d’une antenne à Saint-Denis, capitale de La Réunion.


Cocktail Séga reprend la route

Après Paris, Cocktail Séga poursuit sa tournée à travers l’Hexagone, avec plusieurs rendez-vous prévus dans les prochains jours. Vingt-huit ans après l’Olympia, le spectacle a retrouvé Paris et un public où se sont mêlés souvenirs et découverte.

Dans la salle, ceux qui avaient vécu l’aventure de 1998 ont chanté aux côtés de la nouvelle génération au Café de la Danse, le temps d’une soirée. Mais l’aventure continue. Prochaine escale : Angoulême, samedi 12 septembre, à l’Espace Georges Brassens, avant La Rochelle, le lendemain. Ce rendez-vous dominical débutera dès midi, pour une journée placée sous le signe du séga, entre musique, danse et partage avec le public.






 


 


Texte et photos © Joey Nicles Modeste 🇲🇺 & 🇫🇷

  • 0
    • j'aime
    • Qui aime ça ? »
  • 0
    • je n'aime pas
    • Qui n'aime pas ça ? »
  •  
 

Réagissez, commentez !

  • Aucun commentaire pour l'instant
rechercher un article, une vidéo...