

Pendant deux jours, près de 200 décideurs, responsables politiques, dirigeants d’entreprises, investisseurs et représentants de destinations se retrouveront à Paris pour débattre des transformations qui traversent l’industrie du voyage. Cette septième édition de A World for Travel, placée sous le thème « New Tourism Realities – From Global Disruption to Collective Action », entend mettre l’accent sur les réponses à apporter aux bouleversements climatiques, géopolitiques et économiques qui affectent le secteur.
La première journée, le 29 octobre, se tiendra à l’Assemblée nationale. Au programme, les risques géopolitiques, la biodiversité, les nouvelles attentes des voyageurs, l’hospitalité, la décarbonation et les perspectives de développement du tourisme en Afrique. Plusieurs personnalités du secteur sont attendues, parmi lesquelles Anita Mendiratta, Frédéric Vanhoutte, Valérie Pécresse et Gloria Guevara, présidente-directrice générale du World Travel & Tourism Council (WTTC).
Une table ronde consacrée à l’économie bleue retiendra particulièrement l’attention des destinations insulaires. Intitulée « Blue Economy: The New Strategic Frontier », elle réunira notamment Clency Romeo, Chief Sustainability Officer de Sunlife, Figen Ayan et David Rodès Miracle.
Pour le groupe hôtelier mauricien, le sujet est devenu central. Sunlife rappelle que « l’avenir du voyage est étroitement lié à celui de nos océans ». Clency Romeo doit participer aux échanges sur la place que peut prendre le tourisme dans la protection des écosystèmes marins, tout en maintenant l’activité économique qui en dépend.
Son parcours donne à cette discussion une résonance particulière. Ancien directeur de l’hôtel La Pirogue, à Flic-en-Flac, sur la côte ouest de Maurice, Clency Romeo a consacré une partie importante de sa carrière à l’hospitalité dans un territoire insulaire. À Maurice comme à Rodrigues, la mer est à la fois un élément du paysage, une ressource économique et l’un des fondements de l’attractivité touristique.
Cette dépendance pose une question devenue difficile à éluder : comment continuer à développer le tourisme sans fragiliser les écosystèmes qui contribuent à son succès ?
L’économie bleue se situe précisément à cette intersection. Le concept ne renvoie plus seulement à l’exploitation raisonnée des ressources marines. Il s’agit également de préserver les milieux dont dépendent les activités économiques, et de réfléchir à leur restauration dans un contexte marqué par le changement climatique et une pression croissante sur les espaces côtiers.
Pour les destinations insulaires, l’enjeu est particulièrement sensible. La dégradation des récifs, la pression exercée sur le littoral ou les effets du changement climatique peuvent affecter directement la qualité de l’expérience touristique et, à terme, la compétitivité des destinations.
Le débat dépasse donc la seule question environnementale. Il touche au modèle économique du tourisme. Les groupes hôteliers sont appelés à réduire leur empreinte, mais aussi à s’interroger sur leur capacité à contribuer à la préservation des ressources naturelles dont dépend leur activité.
C’est cette évolution que la table ronde parisienne cherchera à examiner. La discussion portera notamment sur la manière de faire évoluer l’économie bleue vers davantage de résilience, de régénération et de création de valeur à long terme.
L’expérience mauricienne permettra d’apporter à ce débat une dimension concrète. Dans les territoires insulaires, la relation entre tourisme et environnement marin est immédiate : ce qui protège l’océan contribue aussi à préserver une partie du capital économique de la destination.
Le forum A World for Travel poursuivra le lendemain, 30 octobre, ses discussions à l’Hôtel de l’Industrie, autour des grandes mutations du tourisme.
Le premier rendez-vous est fixé au 29 octobre, à 11 h 20, à l’Assemblée nationale. Pendant trente minutes, les intervenants de la table ronde « Blue Economy: The New Strategic Frontier » tenteront de répondre à une question qui dépasse désormais les seuls professionnels du voyage : comment faire du tourisme un acteur de la préservation des océans, alors même que son activité dépend largement de leur attractivité ?