


Au même moment, à Paris, une quarantaine de personnes, principalement issues de la diaspora seychelloise d’Île-de-France, se sont réunies au restaurant Coco de Mer, dans le 5ᵉ arrondissement. Organisée par l’association SESELWA, cette soirée a permis de faire vivre et de partager l’identité créole seychelloise bien au-delà des frontières de l’archipel. Avant le début de la soirée, les membres de la diaspora ont entonné l’hymne national des Seychelles, « Koste Seselwa », dans un moment solennel de recueillement et d’unité.

La communauté seychelloise en France, très attachée à ses racines, s’organise notamment autour de l’association SESELWA. Celle-ci a pour objectif de créer des liens entre les compatriotes installés en France et en Europe, de promouvoir la culture seychelloise et de maintenir un dialogue étroit avec l’ambassade des Seychelles à Paris. Ces rassemblements réguliers – buffets créoles, moments musicaux ou célébrations nationales, jouent un rôle essentiel dans la préservation de la langue, des traditions culinaires et des expressions artistiques loin des îles.
Un buffet authentique préparé avec soin
Trois cuisiniers ont assuré la préparation du buffet : Hosnedeen, cuisinier afghan ; Pierre Frichot, propriétaire du Coco de Mer (établissement ouvert depuis 45 ans près de l’hôpital de la Salpêtrière), secondé par son fils Jules ; et Renald Isaac.
Le menu faisait la part belle aux saveurs créoles des Seychelles. Les lentilles, mijotées avec de l’ail et de l’oignon, côtoyaient la rougaille saucisses, le curry de cochon, le manioc et le poulet grillé à la seychelloise, mariné aux épices et au citron vert. Autre spécialité de la table, le satini de poisson salé, préparé avec du poisson émietté, des oignons et du piment, apportait une touche relevée à cet assortiment de plats traditionnels. Le tout était accompagné d’une bière locale, avant de laisser place à des desserts à base de banane et de patate douce, dans la simplicité généreuse de la cuisine créole seychelloise.
Parmi les convives figurait également Zénad Kanté, chargée d’affaires à l’ambassade des Seychelles en France. Sa présence témoignait des liens entretenus entre la représentation diplomatique seychelloise et la communauté seychelloise établie en France.
Des témoignages d’appréciation
Élaheh (au centre), d’origine iranienne et résidente parisienne, avait déjà séjourné aux Seychelles lors de son voyage de noces. Végétarienne, elle a choisi le riz, la salade et les lentilles. « J’ai trouvé que c’était très, très bon. J’ai beaucoup aimé. Le riz, oui, parce que le cuisinier est un monsieur afghan. Il avait préparé la même salade et le même riz qu’en Iran. Ce n’était pas trop pimenté, donc cela m’a parfaitement convenu. »
Suzanne, également d’origine perse, a partagé le même enthousiasme : « Le plat était vraiment délicieux. Cela m’a fait voyager. C’était une très belle découverte gourmande ! »
Danses traditionnelles et Moutya
Après le dîner, la soirée s’est poursuivie au rythme des danses traditionnelles seychelloises : le Kanmtole, la Kontredans (ou contredanse), le Séga et le Moutya. Bien plus qu’une danse, ce dernier est un symbole vivant de la mémoire et de l’identité seychelloises. Inscrit en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le Moutya perpétue une histoire et une culture transmises de génération en génération. Et ce soir-là, au cœur de Paris, ses rythmes ont une nouvelle fois fait vibrer les cœurs, bien au-delà des îles.
Cette initiative de l’association SESELWA, présidée par Frank Underwood, témoigne de la vitalité de la communauté seychelloise en France et de son attachement à la préservation du patrimoine créole. À travers ces moments de rencontre et de partage, la diaspora entretient, loin de l’archipel, un lien vivant avec ses racines et assure la transmission de son identité culturelle aux nouvelles générations. Au cœur de Paris, l’esprit du Festival Kreol continue ainsi de rayonner, en écho aux célébrations organisées chaque année à Victoria, aux Seychelles.