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27e Salon International de la Plongée Sous-Marine 2026

■ Présente sur le salon, Anchya Bamana, députée de Mayotte, a dressé un constat sans détour de la situation que traverse actuellement le territoire.
Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Nous avons de nouveau rencontré Anchya Bamana, députée de Mayotte, après l’édition 2025 de La Foire de Paris. Elle avait fait le déplacement pour apporter son soutien à la délégation mahoraise présente sur le salon et a dressé un constat sans détour sur la situation du territoire. « Plus d'un an après la catastrophe, les difficultés restent considérables. La reconstruction n’a pas encore véritablement commencé et les stigmates du cyclone sont encore visibles dans les 17 communes de l’île. Les déchets post-cyclone persistent, les pénuries d’eau demeurent, les entreprises peinent à se relever et les collectivités n’ont pas encore reçu les financements nécessaires pour engager les travaux indispensables, même avec l’aide extérieure », a-t-elle précisé, comme pour lancer une alerte.
■ Le Debaa, danse traditionnelle de Mayotte, exclusivement féminine, mêlant chants religieux et gestes majestueux a été présenté au Salon de la International de la Plongée par l’association Madania, présidée par Bibi Fatima Boina offrant aux visiteurs un aperçu vivant et unique des traditions de l’île. Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Dans ce contexte particulièrement difficile, la mise à l’honneur de Mayotte lors de ce grand rendez-vous annuel des amateurs et professionnels de la plongée prend tout son sens. Portée par le slogan « Mayotte se réinvente », cette présence parisienne fut une opportunité précieuse de projeter une image positive du territoire, malgré les épreuves. Pour la députée, le salon permet de parler autrement de Mayotte, de valoriser ses atouts et de rappeler son potentiel, à un moment où la destination a besoin de visibilité et de confiance. Pour sa douzième participation à l’événement, Mayotte a tenu à démontrer que, malgré les dégâts subis, l’essentiel de son lagon avait résisté. Les activités nautiques reprennent progressivement, tout comme l’observation des baleines, l’un des temps forts de la saison touristique mahoraise.
Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Si le secteur reste fragile et que l’activité peine encore à redémarrer pleinement, quelques visiteurs reviennent déjà, tout comme certaines croisières, signes timides mais encourageants d’une reprise en construction. Cette présence renforcée a été orchestrée par l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristiques de Mayotte (ADDTM), qui a vu les choses en grand avec un stand de 54 m², installé dans le hall 4 parmi près de 400 exposants internationaux. Films immersifs, visuels grand format et supports promotionnels ont mis en avant la signature choisie cette année : « La vie s’invente à Mayotte »..jpg)
■ Michel Madi, directeur général de l'Agence d'attractivité et de développement touristique de Mayotte (ADDTM). Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Une quinzaine de professionnels avaient fait le déplacement, dont cinq opérateurs nautiques, envoyant un signal fort après une période particulièrement compliquée. « À la suite du cyclone, plus de la moitié de la flotte nautique motorisée avait été mise hors d’usage, ce qui expliquait notre absence l’an dernier », rappelle Michel Madi, directeur de Mayotte Tourisme et Attractivité. « Nous sommes revenus avec des offres attractives, notamment des séjours plongée comprenant trois immersions sur des sites emblématiques du nord et du sud de l’île. La double barrière de corail de Mayotte permet une grande diversité d’expériences, témoignant de la volonté de l’île de séduire à nouveau les passionnés de plongée et de nature. »
Si l’archipel n’a pas encore retrouvé l’intégralité de ses capacités d’accueil avec six clubs de safari baleines-dauphins sur douze opérationnels, deux catamarans sur six et environ la moitié de la flotte motorisée remise à l’eau, les professionnels misent sur les retombées positives de cette visibilité parisienne, malgré un coût du transport aérien toujours élevé.
■ Au Salon de la plongée, le Debaa, danse traditionnelle de Mayotte, a captivé le public, reflet vivant des riches traditions de l’île française de l’océan Indien.
Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Au-delà de la plongée, Mayotte a également choisi de mettre en avant son patrimoine culturel, autre richesse du territoire. Les visiteurs ont ainsi découvert le Debaa, présenté par l’association Madania. Pendant les quatre jours du salon, les danseuses de l'association présidée par Bibi Fatima Boina se sont produites deux fois par jour, offrant au public un spectacle rythmé et coloré, reflet vivant du patrimoine mahorais. Récemment inscrit au patrimoine culturel immatériel français, le Debaa est une danse traditionnelle mahoraise exclusivement féminine, mêlant chants religieux et gestes majestueux. Profondément ancrée dans la société mahoraise, cette pratique intergénérationnelle accompagne les grands moments de la vie, qu’ils soient sociaux ou spirituels, et incarne l’âme culturelle de l’île.
Crédit photo © Joey Nicles Modeste.
Pour Anchya Bamana, ce Salon de la plongée constitue ainsi un signal positif. Malgré les difficultés persistantes, Mayotte affirme sa volonté d’aller de l’avant, de préserver sa culture, de valoriser son environnement exceptionnel et de reprendre toute sa place parmi les destinations majeures de l’océan Indien.
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